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lundi 24 septembre 2007

"Le grand art est de tout simplifier en prévoyant tout"

J’ai entre les mains un Code Napoléon. Il s’agit d’une édition de 1855 : 11 codes, une constitution et quelques lois, en 757 pages.

Tout le droit français en un livre…

Avec ce Code, l’Etat de droit était né.

La tâche de synthèse ne semble pas avoir été facile pour les rédacteurs. Ils ont eu le génie de s’inspirer d’un précepte de Portalis : « Le grand art est de tout simplifier en prévoyant tout » (Discours préliminaire du premier projet de Code civil, présenté en l'an IX par MM. Portalis, Tronchet, Bigot-Préameneu et Maleville, membres de la commission nommée par le gouvernement).

Au fil des siècles, le législateur ne s’est manifestement pas inspiré de ce sage conseil et il est hélas révolu le temps ou le droit français pouvais tenir dans une poche.

La situation est connue de tous les juristes : inflation législative, inintelligibilité des normes, complexité qui, selon le Conseil d’Etat, met en péril notre démocratie.

Il était urgent de simplifier, mais comment faire ? Le chantier est gigantesque !

L'assemblée nationale à trouvé une solution : faire appel aux bonnes volontés. C’est ce que propose son nouveau site : Simplifions la loi.

"Vous êtes invité(e) à y citer précisément les dispositions législatives vous paraissant répondre aux critères précédents et exposer les difficultés auxquelles vous avez été confronté(e) au regard de ces mêmes dispositions"...

Certes, cette initiative est louable, cependant elle est également l’aveu d’un échec puisque les députés demandent aux citoyens de corriger les lois votées en leurs noms…

L’avenir nous dira si notre droit peut être soigné, et si l’on pourra effectivement dire au citoyen de demain que « nul n’est sensé ignorer la loi » contenue de nos jours dans 61 codes, et plus généralement dans 2 619 textes de nature législative et 16 697 décrets.

En savoir plus :

Sur conseil-constitutionnel.fr Exigence de clarté de la loi et objectif de valeur constitutionnelle « d'intelligibilité de la loi ».

Décision n° 99-421 DC du 16 décembre 1999 - Loi portant habilitation du Gouvernement à procéder, par ordonnances, à l'adoption de la partie législative de certains codes (...) 13. Considérant, en deuxième lieu, que l'urgence est au nombre des justifications que le Gouvernement peut invoquer pour recourir à l'article 38 de la Constitution ; qu'en l'espèce, le Gouvernement a apporté au Parlement les précisions nécessaires en rappelant l'intérêt général qui s'attache à l'achèvement des neuf codes mentionnés à l'article 1er, auquel faisait obstacle l'encombrement de l'ordre du jour parlementaire ; que cette finalité répond au demeurant à l'objectif de valeur constitutionnelle d'accessibilité et d'intelligibilité de la loi ; qu'en effet l'égalité devant la loi énoncée par l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et " la garantie des droits " requise par son article 16 pourraient ne pas être effectives si les citoyens ne disposaient pas d'une connaissance suffisante des normes qui leur sont applicables ; qu'une telle connaissance est en outre nécessaire à l'exercice des droits et libertés garantis tant par l'article 4 de la Déclaration, en vertu duquel cet exercice n'a de bornes que celles déterminées par la loi, que par son article 5, aux termes duquel " tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas "…

Décision n° 2000-435 DC du 7 décembre 2000 - Loi d'orientation pour l'outre-mer : Considérant que les limitations ainsi apportées par l'article 14 à la liberté d'entreprendre ne sont pas énoncées de façon claire et précise ; qu'il y a lieu par suite de déclarer cet article contraire à l'article 34 de la Constitution

Sur ce même site : Clarté de la loi et conformité à la Constitution La notion de clarté de la loi est abandonnée (sol. implicite). Elle est remplacée par une référence à la Constitution et notamment à son article 34 qui exige du législateur d'exercer pleinement sa compétence. (v)(Décision n° 2006-540 DC, 27 juillet 2006, cons. 9, Journal officiel du 3 août 2006, p. 11541, texte n° 2)…

Voir la nouvelle rubrique de légifrance : Évolution du volume des textes et notamment : Volume du droit en vigueur :

Sur la base du décompte opéré à partir de la base LEGI, 2 619 textes de nature législative sont en vigueur au 1er juillet 2007, représentant 22 334 articles. (…) Au niveau réglementaire, 16 697 décrets en vigueur sont recensés au 1er juillet 2007, représentant un total de 108 945 articles.

Consulter, en PDF le Conseil d'État, Rapport public 2006 : Sécurité juridique et complexité du droit, Paris, La Documentation française, p. 233 et s.

Voir également le Rapport au Premier ministre du groupe de travail chargé d'une réflexion sur les suites du rapport public 2006 du Conseil d'Etat.

Décuplement du volume des lois promulguées, forte augmentation du nombre des amendements examinés par les parlementaires depuis le début des années 1960, la France connaît, comme d'autres pays, une « inflation normative » susceptible de porter atteinte au rayonnement du droit français et d'affecter négativement son attractivité et sa compétitivité. A la suite des propositions du Conseil d'Etat de soumettre à de nouvelles disciplines la procédure gouvernementale d'élaboration de la norme et la délibération parlementaire de la loi, le Secrétaire général du Gouvernement a proposé au cabinet du Premier ministre de constituer un groupe de travail sur ce sujet. Celui-ci avait pour mission de prendre la mesure des préconisations formulées par le Conseil d'Etat et de leurs implications, notamment s'agissant des moyens humains et financiers nécessaires, pour la bonne organisation du travail interministériel, à la mise en oeuvre d'une réforme. On trouvera, en annexe de ce rapport, le détail des éléments sur lesquels s'est appuyée la réflexion, en particulier un certain nombre de simulations de l'impact des options envisageables, ainsi que des propositions de rédaction de différents vecteurs normatifs des options de réformes envisagées…

Sur conseil-constitutionnel.fr Le principe de clarté de la loi ou l'ambiguïté d'un idéal, par Alexandre Flückiger, Professeur à l'Université de Genève

Vers un crépuscule des lois ? La loi décline-t-elle? Nombreux sont aujourd'hui les auteurs enclins à discerner sa déliquescence: un « désordre normatif », une « pathologie de la loi », une « crise de la loi », une « loi malade ». Le Conseil d'État va jusqu'à discerner dans la complexité croissante des normes une menace pour l'État de droit 2. La critique ne se laisse pourtant pas facilement synthétiser, car elle porte sur des points de nature aussi différente que la prolifération ou l'inflation législatives, la concurrence des actes non obligatoires, la prise de conscience d'une normativité graduelle, l'ineffectivité ou l'inefficacité de l'action législative ou encore l'inintelligibilité et l'obscurité des normes, pour n'en citer que les plus marquants

lundi 9 juillet 2007

L'été sera chaud.

Avec les bals populaires et le feu d’artifice, le 14 juillet est traditionnellement le temps du décret de grâces collectives accordées par le Président de la République.

Mais cette année, le Président Sarkozy vient de déclarer qu’en continuité de sa « conception de la République », il n'autoriserait ni amnistie, ni grâce collective.

Au passage, nous noterons qu’il semble vouloir s’approprier le pouvoir d’amnistie, lequel appartient pourtant au domaine législatif…

Cette année, donc, pas de pardon de masse pour les 3000 détenus concernés.

Cette subsistance d’un droit régalien était surtout connue comme la dernière chance pour un condamné d’échapper à la guillotine (voir sur ina.fr, la position de Robert Badinter).

A l’époque, il s’agissait d’un véritable droit de vie ou de mort, ce qui est bien différent de l’enjeu actuel, lequel ne porte que sur quelques mois de détention, au maximum.

Rappelons que le décret de l’année passé prévoyait une remise partielle de peine de 15 jours par mois de détention non encore exécuté, dans la limite de 4 mois.

Certes, notre Président de tient ses promesses de candidat qui souhaitait en finir avec ce « droit régalien » (d’autant que sa position était partagée par l’opposition).

Mais il semble bien que la prérogative royale ne soit pas définitivement abolie.

Notre Président (qui n’a pas souhaiter modifier la Constitution sur ce point) s’est en effet tout de même réservé la possibilité d’une clémence personnelle.

Nous avions déjà souligné le caractère occulte de ce décret, non publié au J.O. Là résidait l’aspect choquant : Un juge condamne mais, au mépris de la séparation des pouvoirs, un Président peut secrètement effacer la condamnation.

Or, notre Président, reconnaît « l'utilité, pour des raisons humanitaires ou exceptionnelles, d'une grâce individuelle »…

Faut-il comprendre que les grâces collectives, qui n’ont en définitive rien d’occulte (puisqu’elles sont abondamment commentées par la presse et classiquement précédées d’un communiqué de l’Elysée) sont supprimées, mais que les grâces individuelles, véritables grâces secrètes, seront maintenues ?

On serait tenté de penser que notre Président souhaite se réserver ce droit pour les seules personnes qu’il choisit et non pas les accorder à la volée, sans considération de la personnalité des condamnés.

Il est vrai qu’il ne doit certainement pas son succès électoral à cette population, d’autant que le droit de vote en prison ne serait pas véritablement effectif.

Sans nul doute, pour des détenus, il s’agit là d’un droit acquis, d’autant que les magistrats doivent très certainement tenir compte dans le prononcé des condamnations de la réduction, jusqu’alors automatique, de cette grâce collective.

Dès lors, la suppression de cette grâce apparaîtra aux yeux des condamnés détenus comme un allongement automatique de leur peine, une sanction supplémentaire et aveugle.

Il faut rappeler qu’avec une population de 60 870 au premier juin 2007 (contre 59 303, en juin 2006), le système carcéral français est au bord de l’explosion, en violation manifeste des conventions internationales dont la France est signataire.

N’oublions pas que le temps ne s’écoule pas de la même manière dans l’enceinte des établissements pénitenciers.

A n’en pas douter, en dépit d’une météo plutôt clémente, cet été sera chaud…

A consulter :

Histoire : … Sous l’Ancien Régime, le droit de grâce appartenait au roi. Sous la Révolution, le Code pénal de 1791 l’avait supprimé. Mais il fut rétabli par le sénatus-consulte du 16 thermidor an X, et n’a jamais disparu depuis lors. Il est loin, d’ailleurs, d’être particulier au Droit français. Presque toutes les législations le consacrent… La grâce, J. Flour « Cours de droit criminel », ( Les cours de droit, Paris 1955-1956 )

En France : Les Archives du ministère de la Justice

A l’étranger : En suisse ; En Belgique (voir également ici) ; Aux Etats-Unis ; En Algérie ; Au Maroc

Sur la Blogosphère :

Le droit de grâce et d'amnistie sont ils contraires à la séparation des pouvoirs ?

In memoriam : la grâce du 14 juillet

lundi 14 mai 2007

Une caméra dans le prétoire.

Justice et spectacle ne font pas bon ménage.

Dès l'ouverture de l'audience d’une Cour d’assises, l'emploi de tout appareil d'enregistrement ou de diffusion sonore, de caméra de télévision ou de cinéma, d'appareils photographiques est interdit, sous peine de 18000 euros d'amende.

Telle est la règle posée par l’article Article 308 du Code de procédure pénale.

Mais comme beaucoup de principes, celui-ci comporte une exception.

Ainsi la loi n°85-699 du 11 juillet 1985 tendant à la constitution d'archives audiovisuelles de la justice et le Décret 86-74 du 15 janvier 1986 autorisent l’incursion d’une caméra dans l'univers judiciaire « lorsque cet enregistrement présente un intérêt pour la constitution d’archives historiques de la justice ».

Usant de cette faculté, France 3 a diffusé ce vendredi 11 mai le documentaire « Une justice pour l’humanité », réalisé par Sylvie Cozzolino.

Nous sommes loin des deux films « Délits flagrants » et « 10e Chambre - Instants d'audience » réalisés par Raymond Depardon qui montrent le quotidien de la justice tout en respectant l’anonymat des parties et en s’abstenant de tout commentaire.

« Une justice pour l’humanité » est une évocation des huit semaines de débats intégralement filmées du procès de Klaus BARBIE, qui s’ouvrait le 11 mai 1987 au Palais de justice de Lyon.

Ce film, mêle documents d’époque (auditions des victimes détaillant les tortures subies) et témoignages d’aujourd’hui (jurés et avocats racontant leurs impressions).

Que penser de ce documentaire, naturellement partial.

Bien entendu, le cinéaste n’est pas tenu de respecter un quelconque équilibre entre accusation et défense car nous sommes hors de l’enceinte judiciaire. En outre, la culpabilité de Klaus BARBIE étant définitivement acquise, il est interdit de la remettre en cause. Enfin, l’intérêt historique résulte précisément des témoignages des victimes.

Au demeurant, le citoyen curieux des arguments de la défense peut consulter la plaidoirie de Me VERGES, laquelle a été entièrement publiée (Je défends BARBIES, édition Jean Piollec, 1988).

Il reste tout de même un problème.

Au terme de la loi, la consultation de l’enregistrement de ce procès est maintenant libre.

Cependant le site de l’INA ne met pas ces archives en ligne.

Une consultation libre, mais tout de même réservée aux seuls journalistes, voilà qui est fort curieux…

Le citoyen français est-il tellement immature qu’il faille lui imposer le filtre d’un documentaire ?

A consulter, sur le site du nouvel Observateur : Il y a vingt ans, s’ouvrait le procès de Klaus Barbie

lundi 23 avril 2007

Le spectre de la fraude électorale hante l’élection présidentielle.

Nous évoquions dans le n° 148 le problème du vote électronique qui concerne plus de 1,5 million d'inscrits dans 82 communes de plus de 3500 habitants.

Risque de fraude, mais aussi, tout simplement d’erreurs de personnes âgées ou handicapées qui risquent de se tromper dans le vote, de renoncer ou de ne pas arriver au bout de la procédure, en raison de problèmes d'ergonomie visuelle.

La commune d'Issy-les-Moulineaux a dû changer in extremis ses machines pour adopter un matériel en conformité avec les normes du ministère de l'Intérieur. Le juge des référés a rejeté mardi dernier un recours demandant la suspension de l'institution du vote électronique dans cette commune.

Mais les critiques se multiplient sur Internet.

Que se passera-t-il en cas de scrutin serré ?

Le risque d'un contentieux judiciaire n'est pas totalement à exclure.

Il existe, semble-t-il, deux précédents : le 18 septembre 2003 la deuxième Chambre civile de la Cour de Cassation a annulé des élections des représentants d'un conseil d'administration d'une société, au motif que le vote électronique utilisé ne garantissait pas la confidentialité du vote (arrêt de cassation - pourvoi n° 03-60139). Mais il existe une jurisprudence inverse : voir l’arrêt de rejet (pourvoi n° 05-20156) rendu par la première Chambre civile, le 27 septembre 2006.

En réalité, c’est le Conseil constitutionnel qui trancherait un litige sur le résultat final.

Sur conseil-constitutionnel.fr : Communiqué du 29 mars 2007 "Machines à voter"

Le Conseil constitutionnel a tenu à rappeler, lors de sa séance du 29 mars 2007, que l'utilisation des machines à voter pour les élections, notamment présidentielles, est autorisée par le législateur depuis 1969.

Ce recours aux machines à voter dans les conditions fixées par l'article L. 57-1 du Code électoral a été déclaré conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel.

Voir fiche technique sur les machines à voter sur le site du Conseil constitutionnel

A consulter, sur interieur.gouv.fr : machines à voter

Les communes peuvent utiliser des machines à voter à l'occasion des scrutins.

Règlement technique des machines à voter 123.06 Ko

Conformément à l'article L. 57-1 du code électoral, les machines à voter peuvent être utilisées dans les communes de plus de 3 500 habitants figurant sur une liste fixée, dans chaque département, par arrêté préfectoral. Elles doivent être d'un modèle agréé par arrêté du ministre de l'intérieur.

Les modèles de machines sont agréés sur la base de la vérification de leur conformité au "Règlement technique fixant les conditions d'agrément des machines à voter" approuvé par l'arrêté du 17 novembre 2003 (à télécharger). Les modèles agréés sont la version "2.07" de la machine à voter de la société NEDAP-France élection, le modèle "iVotronic" de la société ES&S Datamatique et le modèle "Point & Vote" de la société Indra Sistemas SA.

Arrêté agréant un modèle de machine à voter - modèle Datamatique / ES&S

Arrêté agréant un modèle de machine à voter - modèle INDRA

Arrêté agréant un modèle de machine à voter - modèle NEDAP-France élections

Voir les commentaires de la pesse et des blogs dans notre n° 151.

lundi 26 mars 2007

« Car nous le savons bien : l'Europe est notre avenir commun »…

Ainsi s’achève la Déclaration adoptée ce dimanche 25 mars à Berlin par l'Union européenne pour le 50e anniversaire du traité de Rome (Voir le n° 145).

Le texte intégral de cette Déclaration de Berlin est en ligne sur le site du Monde et sur celui du Nouvel Observateur.

Après le non des Français et Néerlandais à la Constitution Européenne, un nouveau traité dont l'objectif est d'asseoir l'Union européenne sur des bases communes rénovées est donc à l’étude.

Ce texte, censé ranimer la flamme européenne, est avant tout un texte émotionnel.

Pour exemples, nous avons réunis mots se répetent le plus. Ils résument cette déclaration : « Espoir, paix, compréhension, prospérité, démocratie, liberté, unité, dignité, égalité, sécurité, tolérance, justice et solidarité »…

Mais si ce texte regorge de bons sentiments et d’exaltations passéistes, il est malheureusement silencieux sur son objectif, c'est-à-dire sur la rénovation de l’institution.

Pour l’heure, il est trop tôt pour se livrer à un pronostic (Traité simplifié ou nouvelle Constitution ? Référendum ou ratification parlementaire ?). Reste que cette déclaration fixe la date de juin 2009 comme objectif pour l'entrée en vigueur du nouveau traité et c’est la France qui présidera l'Union à cette date…

Les réactions :

La déclaration de Berlin fixe à 2009 l'entrée en vigueur d'un nouveau traité européen

Les dirigeants européens ont adopté dimanche 25 mars, pour les 50 ans du traité de Rome, la déclaration de Berlin. Ce texte fixe juin 2009 comme objectif pour l'entrée en vigueur d'un nouveau traité. Celui-ci doit remplacer le traité constitutionnel rejeté en 2005 par référendum en France et aux Pays-Bas.

La chancelière allemande Angela Merkel, présidente en exercice de l'UE et les présidents de la Commission et du Parlement européens, José Manuel Barroso et Hans-Gert Pijttering, ont signé en grande pompe ce document au musée historique allemand, en présence des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne.

Sur le site du Monde, l’Editorial de Jean-Marie Colombani : L'identité européenne.

Nous le savons bien, l'Europe est notre avenir commun" : la déclaration de Berlin rédigée par Mme Merkel, pour générale et brève qu'elle soit, a le mérite de nous ramener à l'essentiel. Les vieux comme les nouveaux peuples européens n'ont de maîtrise possible sur leur avenir qu'ensemble. Dans un contexte marqué de plus en plus par la vague populiste et la réinvention du nationalisme, ce simple rappel, par celle qui s'attache à garder la maison pendant la crise, est une bouffée d'oxygène. Les raisons qui expliquent le mal-être actuel ne doivent pas, en effet, nous détourner de l'idéal de voir s'affirmer une identité européenne.

Les raisons d'être déçus et inquiets ne manquent pas. Les Européens ne savent plus ce qu'ils veulent faire de l'Europe. Ils ont cessé de s'accorder sur un idéal européen. Le dernier empruntait l'idée d'une confédération, à défaut d'une fédération, au service d'un modèle mêlant le capitalisme rhénan au colbertisme français ; d'où la force et la capacité d'entraînement du couple franco-allemand.

Sur le site du nouvel Observateur : Les réactions

Voir également, sur lefigaro.fr : Benoît XVI fustige l'Europe "qui nie ses racines", par Hervé YANNOU.

À l'occasion des cinquante ans des traités de Rome, le Pape a dressé un sévère bilan du projet unificateur, pourtant inspiré par la démocratie chrétienne.

Le 25 mars 1957, sur ordre de Pie XII, les cloches de Rome saluaient la naissance de l'Europe moderne. Cinquante ans plus tard, son successeur, Benoît XVI, aurait pu faire sonner le glas.

lundi 12 mars 2007

Le manifeste des 2 000.

2000, c’est le chiffre de l’évaluation par la Commission des affaires sociales du sénat du nombre des euthanasies "de fait" qui seraient pratiquées chaque année dans les hôpitaux et les centres d’accueil médico-sociaux, en France.

Cette évaluation avait été rendue publique lors de l’examen de la proposition de loi visant à reconnaître des droits spécifiques aux malades en fin de vie (Fallait-il légiférer sur l’euthanasie ? - Le journal du Sénat, mai 2005).

Plus de cinq personnes sont euthanasiées chaque jour en France.

Pour la comparaison, il y a eu 5 500 accidents mortels de la circulation la même année, soit à peine 2,5 fois plus de décès…

2 000, c’est également le nombre de soignants, infirmiers et médecins signataires d’un manifeste publié cette semaine par le Nouvel Observateur.

Ces signataires reconnaissent avoir, en conscience, « aidé médicalement des patients à mourir ».

2 000 personnes s’accusent donc de meurtre, pour faire évoluer la loi.

La méthode n’est pas nouvelle et l’on se souvient du manifeste des 343 salopes, pétition parue dans ce même hebdomadaire, en avril 1971, signée par 343 femmes affirmant avoir subi un avortement, s'exposant ainsi à des poursuites pénales. Cet exemple de désobéissance civile en France avait contribué à l'adoption, en décembre 1974-janvier 1975 de la loi Veil qui dépénalisait l'interruption volontaire de grossesse.

Sans doute, cette pétition aura quelque influence sur l’issue du procès devant la Cour d’assises de la Dordogne de Laurence Tramois, médecin, et Chantal Chanel, infirmière, poursuivies pour avoir prescrit et administré du potassium à une dose mortelle à une malade en fin de vie.

Peut-être une loi viendra dépénaliser l’euthanasie active.

Mais s’agit-il d’autoriser la « bonne mort » ou de légaliser le « permis de tuer » ?

« La plus volontaire mort, c'est la plus belle. La vie dépend de la volonté d'autrui, la mort de la nôtre » (Essais - Montaigne).


Voir également les n° 10, 11, 18, 31, 41, 46 (lien vers une étude de législation comparée de novembre 2004 : Les droits du malade en fin de vie), 55.

A consulter :

Sur le site du nouvel Observateur : Euthanasie : 2.000 soignants lancent un appel pour soutenir deux de leurs consœurs poursuivies, 2.134 soignants, infirmiers, médecins… signent un manifeste que publie le Nouvel Observateur.

Du 12 au 16 mars prochain, se tiendra à Périgueux le procès en Assises de Laurence Tramois et Chantal Chanel. Les deux femmes, respectivement médecin et infirmière, sont poursuivies pour avoir prescrit et administré du potassium à une dose mortelle à une malade en fin de vie dont elles avaient la charge. Les faits se sont déroulés en août 2003 à l’hôpital rural de Saint-Astier dans le Périgord, où Paulette Druais, atteinte d’un cancer du pancréas, séjournait en soins palliatifs. Les deux soignantes, qui ont été dénoncées par une surveillante-chef de l’hôpital, encourent 30 ans de réclusion criminelle pour empoisonnement…

Le texte du manifeste des 2.000

"Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir..."

"Parce que, de façon certaine, la maladie l’emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence…

Soutenir le manifeste

Revue de presse

Commentaire "Cessons de jouer les Tartuffe", par Jean-Marcel Bouguereau

C'est, à quelques décennies de distance, un manifeste de l’importance de celui qui, en avril 1973, vit 343 femmes s’accuser du délit d’avortement. Un manifeste qui paraît, comme le premier, dans le Nouvel Observateur. Cette fois il s’agit de 2.134 soignants qui s’accusent d’avoir "en conscience, aidé médicalement des patients à mourir..."

Le blog de Philippe Pouletty : "Nous avons aidé à mourir"

Sur le site du Monde : Deux mille soignants interpellent les candidats au sujet de l'euthanasie, par Cécile Prieur

La question de l'euthanasie s'invite peu à peu dans la campagne électorale. Alors que doit s'ouvrir, le 12 mars à Périgueux, le procès en assises d'une infirmière et d'une médecin, poursuivies pour avoir donné volontairement la mort à une patiente en phase terminale d'un cancer, 2 000 soignants signent un manifeste appelant à la dépénalisation "sous conditions" des pratiques d'euthanasie. "Parce que, de façon certaine, la maladie l'emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence", peut-on lire dans Le Nouvel observateur et Sud-Ouest, datés du 8 mars.

Sur lexpress.fr : L'euthanasie en accusation aux assises de la Dordogne : La question de l'euthanasie est au coeur du procès, qui s'ouvre lundi, d'une infirmière et d'un médecin accusées aux assises de Périgueux (Dordogne) d'avoir provoqué en 2003 la mort d'une malade souffrant d'un cancer en phase terminale…

Sur lefigaro.fr : Ces pays qui pratiquent l’euthanasie : Le terme «euthanasie» exprime l’ensemble des méthodes actives ou passives permettant d’abréger une agonie par la mort…

Sur sos-net.eu.org : L'EUTHANASIE - SOINS PALLIATIFS, rédigé par Me DURRIEU-DIEBOLT.

Qu'est-ce que l'euthanasie ?
-
L'euthanasie active ?
-
L'euthanasie passive ?
Quand et comment considère-t-on qu'une personne est décédée ?
Peut-on bénéficier légalement d'une euthanasie ?
Peut-on être poursuivi si on demande ou provoque une euthanasie active pour soi-même ou autrui (un membre de sa famille par exemple) ?
La tentative d'euthanasie est elle réprimée ?
Quelles sont les sanctions encourues ?
Actualité : législation et affaire HUMBERT

Sur chu-rouen.fr : Euthanasie (sites et documents francophones).

Sur ccne-ethique.fr : Fin de vie, arrêt de vie,euthanasie N°63 - 27 janvier 2000 (document ancien).

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Sommaire
Vivre et mourir aujourd'hui
Mieux mourir aujourd'hui
Des situations aux limites : l'euthanasie en débat
Engagement solidaire et exception d'euthanasie
Références Annexes

Sur caducee.net : L'Euthanasie en France, par Elisabeth Faure (document ancien - mise à jour : décembre 2001) :

Définition
Sources d'informations générales sur l'euthanasie
La législation et l'euthanasie
Les institutions et associations

lundi 12 février 2007

Le commerce du faux.

Alors que le 26 janvier 2007 était célébré la journée internationale de la douane organisée autour du thème « Halte à la contrefaçon et à la piraterie », Le ministre délégué à l’Industrie vient de présenter au Conseil des ministres un projet de loi de lutte contre la contrefaçon.

En vérité, c’est avec près d’un an de retard que la France va transposer dans son droit interne la Directive 2004/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle (L’échéance de transposition était prévue pour le 29/04/2006)

Le texte européen a pour objectif d’assurer un niveau équivalent de protection des droits de propriété intellectuelle dans les Etats membres par l’harmonisation des moyens visant à les faire respecter.

Il est vrai que le commerce du faux est florissant. Il représenterait, selon le gouvernement, environ 10 % du commerce mondial (7 % selon l’Organisation mondiale des douanes), tous les produits ayant une valeur marchande étant concernés.

Au banc des accusés, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, pays dits « émergents » au début du XXIe siècle.

Le citoyen se sent révolté par ce commerce, non pour défendre des marques de luxe, mais en raison des faux médicaments qui causent souvent la mort, particulièrement des plus vulnérables.

Selon un Message du Secrétaire général de l’OMD, Michel Danet, Les chiffres qui illustrent la situation actuelle de l’industrie du faux parlent d’eux-mêmes : en 2004, 4000 cas débouchant sur la saisie de plus de 166 millions d’articles contrefaits et piratés ont été signalés; entre 1998 et 2004, le nombre d’articles contrefaits saisis par la douane en Europe a augmenté de 1000%; il est estimé que 10 à 30% des médicaments consommés dans les pays en voie de développement sont contrefaits ; le marché mondial des médicaments contrefaits devrait passer de 35 milliards de dollars US en 2005 à 75 milliards de dollars US en 2010; 43% des logiciels utilisés dans le monde sont piratés; plus de 2500 saisies de produits contrefaits liés à la coupe du monde de Football 2006 ont été réalisées; l’industrie de la contrefaçon supprime annuellement 200.000 emplois en Europe et 750.000 aux Etats-unis; et l’ensemble du commerce du faux s’élève à présent à 500 milliards de dollars US dans le monde ! Il est indispensable de faire de la lutte contre ce fléau une priorité, la contrefaçon ayant des répercussions négatives évidentes sur le commerce international, le développement économique, la confiance des milieux commerciaux, la santé et la sécurité des citoyens dans le monde entier.

Un fléau qui provoquerait la disparition d’environ 30 000 emplois par an en France, qui alimenterait les filières du travail clandestin et engendrerait des pertes de recettes pour l’État outre la menace pour la santé et la sécurité des consommateurs.

Pour l’heure, ce projet de loi comporte 39 articles destinés :

- Au renforcement des outils juridiques mis à disposition des acteurs économiques pour défendre leurs créations et leurs inventions (droits de propriété industrielle, droits de la propriété littéraire et artistique, appellations d’origine et les indications géographiques).

- A la création d’un droit d’information au profit des titulaires de droits de propriété intellectuelle permettant aux autorités judiciaires d’ordonner la communication d’informations sur l’origine et les réseaux de distribution des marchandises ou des services qui portent atteinte à un droit de propriété intellectuelle.

- Au renforcement de la protection des preuves de la contrefaçon et mise en place de mesures provisoires à l’encontre des contrefacteurs et des intermédiaires (saisie conservatoire des biens mobiliers et immobiliers, blocage de comptes bancaires).

- A la possibilité de retrait des circuits commerciaux et de destruction des produits contrefaits, ainsi que des matériels ayant servi à leur création ou leur conception.

- A la prise en considération par les tribunaux de tous les aspects du préjudice (manque à gagner, les bénéfices injustement réalisés, préjudice moral).

A consulter :

Sur vie-publique.fr : De quoi s'agit-il ?

Complétant les lois sur la propriété intellectuelle du 5 février 1994, du 18 mars 2003 et du 9 mars 2004, ce nouveau texte procède notamment à la transposition d’une directive européenne du 29 avril 2004.

Le champ d’application de ce texte s’étend à l’ensemble des droits de propriété industrielle, de la propriété littéraire et artistique, ainsi qu’aux appellations d’origine et indications géographiques. Les principales dispositions sont les suivantes :

Sur premier-ministre.gouv.fr : Le ministre délégué à l’Industrie a présenté un projet de loi de lutte contre la contrefaçon.

La protection de la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon sont des priorités de l’action du Gouvernement. La contrefaçon représente environ 10 % du commerce mondial. Tous les secteurs d’activité sont touchés par ce fléau qui provoque la disparition d’environ 30 000 emplois par an en France, alimente les filières du travail clandestin et engendre des pertes de recettes pour l’État. Enfin, elle représente une menace pour la santé et la sécurité des consommateurs.

Le projet de loi parachève l’effort de protection de la propriété intellectuelle engagé depuis la loi "Longuet" du 5 février 1994 et poursuivi par les lois du 18 mars 2003 et du 9 mars 2004. Il procède notamment à la transposition de la directive 2004/48/CE du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle…

Sur le site legifrance :

Le Projet de loi de lutte contre la contrefaçon.

Ainsi que l’
EXPOSÉ DES MOTIFS :

La protection de la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon constituent des priorités de l’action gouvernementale.

La protection de la propriété intellectuelle revêt une importance cruciale dans une économie moderne. En permettant à l’inventeur ou au créateur de contrôler l’exploitation de son invention ou de sa création et d’en tirer un profit légitime, elle encourage l’innovation et la création, contribue au maintien ou au développement de l’emploi dans les secteurs les plus variés de l’économie.

Dans le cadre communautaire, la directive 2004/48/CE du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle poursuit un même objectif, en harmonisant les procédures civiles ouvertes aux titulaires de droits de propriété intellectuelle pour faire respecter leurs droits et en améliorant la réparation du préjudice qu’ils subissent du fait de la contrefaçon. Elle n’affecte pas les mesures qui, dans les législations nationales, peuvent être plus favorables aux titulaires de droits de propriété intellectuelle.

Le présent projet de loi a pour but d’assurer la conformité des procédures prévues par le code de la propriété intellectuelle avec la directive…

Sur eur-lex.europa.eu : La directive 2004/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle (JO L 157 du 30.4.2004) (avec son rectificatif) - Journal officiel n° L 195 du 02/06/2004 p. 0016 - 0025

Nos amis belges transposent également cette directive. Voir sur
economie.fgov.be : Avant-projet de loi relative aux aspects civils de la protection des droits de propriété intellectuelle

Sur la lutte contre la contrefaçon an Canada, voir sur
ledevoir.com : Faux ! Par Éric Desrosiers :

Parfums, disques, jouets, médicaments, pièces d'auto: le marché de la contrefaçon est évalué entre 20 et 30 milliards par année au Canada.

Il y en a encore pour croire que le phénomène se limite aux mauvaises imitations d'articles de luxe ou de disques compacts que l'on trouve dans les marchés aux puces. La fabrication et la vente de biens contrefaits a cependant connu une croissance exponentielle ces dernières années dans le monde, au point de frapper, aujourd'hui, aussi bien les médicaments que les jouets ou les pièces d'automobile, et de rapporter, chaque année, au Canada, jusqu'à 30 milliards à ses auteurs, souvent issus du crime organisé…

lundi 29 janvier 2007

"Le combat d'une mère".

Ce lundi 29 janvier, 20 h 50, sera diffusé le film « l’affaire Ranucci : le combat d'une mère », réalisé par Denys Granier-Deferre.

Selon la production, ce film ne se prononce pas sur l'innocence ou la culpabilité de Ranucci.

Cependant, cette « fiction du réel » a pour ambition affichée d’insuffler le doute dans l’esprit du téléspectateur, en soulignant les zones d'ombre, les incohérences de l'enquête policière et de l’instruction à charge.

Au cours du procès de Ranucci l'opinion publique et les médias avaient lourdement pesé.

Cette même opinion, habilement forgée par ces mêmes médias, pourrait peut-être aujourd’hui faire pencher la balance dans un sens inverse.

Il faut rappeler que cette affaire a récemment connu de nouveaux rebondissements :

Michel Fourniret aurait été présent dans la région de Marseille durant l’été 1974, période à laquelle a eu lieu l’enlèvement et le meurtre de Marie-Dolorès. Il aurait même peut-être été présent lors du procès Ranucci (plusieurs photos de la sortie d’une audience montrent un homme présentant une certaine ressemblance physique avec Fourniret).

Enfin, le célèbre pull-over rouge vient d’être retrouvé par le greffe de la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône et des analyses ADN pourraient être pratiquées aujourd’hui.

Ceux sont là les signes avant-coureurs d’une quatrième requête en révision.

Mais lequel des deux jugements a le plus de valeur, celui des jurés ou celui que porte l’opinion publique ?

Sur lefigaro.fr : Ranucci : le doute, encore et toujours, par Véronique BOULINGUEZ.

…Films, documentaires, livres... On croyait avoir tout vu, lu, entendu sur l'affaire Ranucci. C'était sans compter sur cet émouvant téléfilm de Denys Granier-Deferre, imaginé par Alain Godard, qui revisite cette « énigme du pull-over rouge » (ainsi rebaptisée par Gilles Perrault, auteur de l'ouvrage controversé), mais sous un angle original : le regard d'une mère qui risque de perdre son enfant unique et se bat pour le sauver, seule, dans un long tunnel d'interrogations

A consulter :

Le site du père de Marie-Dolorès, la petite victime : http://rambla.wordpress.com/

Sur wikipedia.org : Affaire Christian Ranucci.

Liens :

Association Ranucci pour la révision du procès
Chronologie de l'affaire Ranucci
Dossier Ranucci
Forum sur l'affaire Ranucci
Les archives télé de l'affaire Ranucci INA Archives Télé

Voir également les n° 89 et 104.

lundi 22 janvier 2007

Un hiver printanier.


Signe d’un réchauffement planétaire, l’hiver 2006 / 2007 est le plus chaud qu’ait connu la France depuis bien des années.

Cette douceur printanière contraste avec la vague de froid de l’hiver 1954 au cours de laquelle l'abbé Pierre avait lancé son appel en faveur de la politique des logements en France.

Il est donc surprenant de voir 52 années après se concrétiser l’idée d’un droit au logement «opposable ».

Cette proposition n’est pas nouvelle.

En octobre 2002, soit cinq mois après la réélection du Président de la République française, était publié le 8ème rapport du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées.

Ce rapport préconisait déjà la mise en place de ce droit au logement opposable (Voir le récapitulatif des propositions contenues dans le rapport).

Mais il faudra attendre quatre longs hivers pour que cette idée a priori séduisante prenne la forme d’un projet de loi.

Pourquoi avoir tant attendu ?

Peut- être que le gouvernement a souhaité court-circuiter la promesse d’un candidat de voir disparaître les SDF en France ?

Sans doute, les tentes des Enfants de Don Quichotte flétrissaient le paysage français et plus encore, celui de la campagne électorale.

Le projet de loi vivement critiqué par les juristes vient donc de voir le jour. Dans la meilleure des hypothèses, il ne sera effectif que fin 2008 pour les personnes les plus en difficulté et début 2012 pour les personnes logées dans des habitations insalubres ou indignes …

Fort de leur victoire, les Enfants de Don Quichotte ont replié leurs tentes, alors que la météo annonce une vague de froid sur la France.

Ce matin, l’abbé Pierre est décédé.

Cette année encore, les sans abris auront froid.

Froid au corps et froid à l’âme puisqu'ils sont désormais orphelins, ayant perdu leur père.

Sur le site legifrance le Projet de loi instituant le droit opposable au logement et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale

Exposé des motifs

…Aujourd’hui, les résultats obtenus dans le domaine de la construction de logements sociaux et les travaux du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, présidé par M. Xavier Emmanuelli, permettent d’aller plus loin et d’inscrire dans la loi un droit opposable au logement garanti par l’Etat. Ce droit doit permettre aux personnes défavorisées prioritaires dans l’attribution d’un logement de pouvoir non seulement saisir la commission de médiation mais aussi d’engager un recours devant la juridiction administrative en cas d’avis favorable de la commission non suivi d’effet dans un délai raisonnable…

Projet de loi

Communiqué de presse du Conseil des ministres du 17/01/2006

Sur le site du Sénat : le dossier

Sur vie-publique.fr, un article mis en ligne janvier 2005 : Le logement social (2000-2005) - La défense du droit au logement

Le droit au logement est reconnu comme droit social depuis 1946. Au niveau international, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 reconnaît dans son article 25-1 que le droit au logement fait partie des droits sociaux : "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires".

Ce droit est réaffirmé dans la loi du 31 mai 1990, visant justement à la mise en oeuvre du droit au logement et dont l’article premier stipule : "garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation".

Le volet logement constitue une part importante de la loi de lutte contre les exclusions de 1998. Les principales mesures concernent le renforcement des mesures de prévention des expulsions locatives, la réforme des attributions des logements, la mobilisation de la vacance des logements, et la lutte contre l’insalubrité. La loi SRU qui confirme le droit à un logement décent complète certaines de ces mesures.

Parmi les derniers rapports du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, ceux publiés en
2002 et 2003, développent la réflexion sur la mise en oeuvre d’un "droit au logement opposable" qui donnerait à la collectivité, non plus une simple obligation de moyens, mais une obligation de résultat.

Les rapports :

Expertise sur les conditions de mise en oeuvre du Programme National de Rénovation Urbaine : capacités des maîtrises d'ouvrage et ingénieries locales, rôle des DDE

Rapport 2006 de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles

Sur le même site :

Logement : vers un droit au logement opposable ?

Xavier Emmanuelli, le président du Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées (HCLPD), a rendu public, le 3 janvier 2007, son rapport sur l’expérimentation locale du droit au logement opposable.

Il définit les conditions juridiques et les modalités pratiques permettant aux collectivités territoriales volontaires d’expérimenter le droit au logement « opposable », droit ouvrant la possibilité à toute personne privée de logement de saisir les tribunaux à l’encontre des pouvoirs publics. Le rapport préconise notamment que l’Etat prenne des engagements au niveau des moyens budgétaires et que les collectivités territoriales soient ensuite chargées d’appliquer concrètement les mesures.

A cette occasion, le Premier ministre a annoncé qu’un projet de loi instituant un droit au logement opposable sera présenté le 17 janvier en Conseil des ministres, pour une adoption définitive par le Parlement avant la fin du mois de février. Sa mise en œuvre devrait être progressive : d’ici la fin 2008, elle devrait concerner les personnes les plus en difficulté (sans-abri, travailleurs pauvres, femmes isolées avec enfant), pour être étendue, au 1er janvier 2012, à toutes les personnes ou familles logées dans des habitations insalubres ou indignes.

Sites internet publics sélectionnés :

Rapport au Premier Ministre sur l’expérimentation locale du droit au logement opposable - Bibliothèque des rapports publics - La Documentation française.

Note de synthèse du rapport (PDF) - Premier-ministre.gouv.fr.

Haut comité pour le logement des personnes défavorisées

Droit au logement opposable : le Gouvernement prépare un projet de loi - Premier-ministre.gouv.fr.

Réaction (très critique) de la Blogosphère :

Sur frederic-rolin.blogspirit.com

Droit au logement opposable : des chiffres au droit

Des trois principales notes publiées par des juristes sur le « droit au logement opposable », il ressort des constats communs (c’est normal puisque les trois sont membres de
lieu commun et de droit commun…), en particulier un scepticisme, relevé par Le Monde, sur la portée de ce droit, ainsi qu’un doute sérieux sur la notion de « droit opposable », dans le sens que lui donnent les medias.

Scoop : le texte du projet de loi sur "le droit opposable au logement"

En avant première, j'ai le plaisir de communiquer à mes lecteurs le texte de
l'avant projet de loi "instituant le droit opposable au logement et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale".

Scoop (2): l'analyse technique du projet de loi sur "le droit opposable au logement"

Chose promise chose due, chers lecteurs, voila l'analyse précise de l'avant projet de loi dont j'ai publié le texte dans
ma précédente note.

Comme vous pourrez le constater, il réserve des surprises nombreuses, et des surprises désagréables, au point que, vous le verrez si vous avez le courage de me lire jusqu'à la fin, je conclus que ce texte est essentiellement cosmétique et a de fortes chances de ne pas résoudre le problème qu'il prétend traiter.

Scoop (3) le projet de loi sur le "droit opposable au logement" une synthèse.

L’avant projet de loi sur le « droit opposable au logement » que je viens de publier (
ici) et d’analyser techniquement () mérite pour clore cette série de notes une appréciation d’ensemble qui soit accessible au non technicien.

Un droit au logement de moins en moins opposable : la deuxième version du projet de loi

Une seconde version du projet de loi « instituant le droit opposable au logement » circule actuellement. Elle a été publiée sur le blog
répertoire des maires (un blog de l’éditeur « décisions locales ») où elle peut être téléchargée.

Cette seconde version comprend des différences importantes par rapport à la première dont on peut donner la tonalité générale : de très sensibles régressions sur le fond malgré quelques améliorations techniques.

Le gouvernement vient de reconnaître que le « droit au logement opposable » ne sera qu’un faux semblant

Le projet de loi sur le « droit opposable au logement » n’est pas encore finalisé que le Ministère de l’emploi et de la cohésion sociale a déjà fait en sorte de vider ce droit de sa substance.

Sur dinersroom.free.fr : Le droit opposable au logement : La poudre aux yeux les fait pleurer, par Jules :

Les nuits de Frédéric Rolin sont plus belles que les jours de Dominique de Villepin.

C'est en effet par une pluvieuse matinée de janvier que j'ai pris connaissance de l'avant-projet de loi sur le droit au logement opposable, de son commentaire éclairé, puis d'une synthèse rapide aux fins d'édification collective. Tout ceci grâce à l'ouvrage nocturne de Frédéric Rolin.

(…)

Conclusion

Tel qu'il se présente, le dispositif n'offre certainement pas un "droit au logement opposable".

Ce n'est pas un droit - c'est un vague recours conditionné par la diligence de l'administration.

L'objet n'en est pas l'octroi d'un logement - c'est la fourniture de moyens.

Il ne lie pas le juge…

Sur maitre.eolas.free.fr : Le droit au logement opposable, par Eolas,

Les gazettes bruissent d'hosannas, les hautbois jouent et les musettes résonnent. En cette période de quasi Noël, alors que l'Enfant-Jésus grelotte encore du fait que ses parents n'ont pas trouvé de logement en attendant l'arrivée des Rois-Mages samedi, le législateur aurait été touché par la grâce.

Les Enfants de Don Quichotte (qui chargeait des moulins à vent, tandis que ses enfants chargent des tentes) ont obtenu gain de cause, et le législateur va faire accoucher le parlement aux forceps, ou peut-être devrait-on parler de césarienne, tant on est en présence d'un fait du Prince, va le faire accoucher donc d'un droit au logement opposable.

Ce terme est docilement repris par les journalistes, qui n'ont guère l'air de s'interroger sur le sens exact de cette expression et sur son application concrète.

Vous savez comme j'adore jouer les trouble-fêtes, vous pouvez donc compter sur moi pour soulever le couvercle de la marmite pour goûter la soupe à la couleuvre que le gouvernement est en train de nous concocter…

Sur le site du Monde :

Le droit au logement opposable en conseil des ministres :

Le conseil des ministres examine mercredi un projet de loi instaurant un "droit opposable au logement", dont le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo souhaite faire un moyen de pression pour maintenir un rythme élevé de construction de logements sociaux en France.

Ce texte très court, voulu par le président Jacques Chirac en réaction au mouvement lancé cet hiver par l'association "Les enfants de Don Quichotte" en faveur des mal logés, désigne l'Etat comme garant, en France, du droit au logement…

Sur lagazettedescommunes.com : La certitude qu’un droit opposable au logement sera bientôt adopté précipite la levée des campements des Enfants de Don Quichotte :

Le porte-parole des Enfants de Don Quichotte, Augustin Legrand, a annoncé le 8 janvier à Paris que l'association entamait "immédiatement un processus qui mettra fin à tous les campements" de sans-abri qu'elle a installés à travers la France.

"Un changement radical de politique concernant les sans-abri et la certitude qu'un droit au logement opposable sera adopté prochainement, nous conduisent à une sortie de crise immédiate", a déclaré Augustin Legrand après avoir rencontré à plusieurs reprises ces derniers jours le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo, avec qui il a discuté de
la charte du canal Saint Martinque l'association a rédigé pour les SDF…

lundi 15 janvier 2007

Le devoir de désobéissance.

Résister à l’oppression est un droit.

Désobéir pourrait être un devoir ?

Chacun connaît la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dont l'article 2 de dispose que : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. »

Ce suprême recours à la révolte contre la tyrannie et l'oppression, dont l’expression la plus achevée résultait de la constitution montagnarde de 1793 (« L’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ») n’est plus invoqué dans notre pays qui se dit démocratique.

Mais qu’en est il lorsque l’on est en présence d’une loi inique, contraire à l'intérêt général et que l’on a épuisé les recours et actions légales ?

A-t-on le droit de désobéir, à visage découvert et de manière désintéressé ?

Les « faucheurs d’OGM » l’ont fait, et certains ont été relaxé pour leur désobéissance, au nom de l’état de nécessité (voir le n° 86).

D’autres tentent de le faire.

Ainsi les « barbouilleurs de pubs », poursuivis pour «dégradations graves», ont plaidés l’état de nécessité en revendiquant eux aussi la désobéissance civile.

Cette forme d’action collective semble faire des émules…

Le délibéré sera rendu le 23 février.

Sur le site de Libération : Jugés vendredi à Paris, sept barbouilleurs de pubs plaident la désobéissance civile. «Je dédie ma défense à l'entrée défigurée de Douarnenez» par Jacqueline COIGNARD.

«Pour les déboulonneurs ? C'est la 29e chambre, au premier étage.» Dans le labyrinthe du palais de justice de Paris, un membre de ce collectif antipub s'improvise guide, vendredi matin, pour la centaine de supporteurs des héros du jour : sept barbouilleurs de panneaux publicitaires, poursuivis en correctionnelle pour «dégradations graves». En l'occurrence, le 28 octobre, le commando a bombé deux panneaux devant la gare d'Austerlitz (Paris XIIIe). Aux messages de l'afficheur Clear Channel ­ qui ne s'est pas constitué partie civile ­ les barbouilleurs avaient substitué leurs propres slogans : «50-70» (format de panneau qu'ils préconisent, soit la taille de l'affichage associatif et politique), «pub = virus mental», ou tout simplement «marre de la pub»….

(…) « Yvan Gradis explique qu'il s'est battu au sein de l'association Paysages de France pendant cinq ans, pour mener une chasse légale aux panneaux qui défigurent le paysage en toute illégalité. Il se félicite d'en avoir fait tomber 100 sur 400 dossiers montés. Mais il estime cette démarche inefficace, car «les voies légales sont bloquées». David Sterboul, autre prévenu, renchérit : «Non seulement les afficheurs violent la loi sciemment, mais les préfets refusent de poursuivre quand Paysages de France les alerte avec un dossier complètement ficelé !» C'est ainsi que l'association en vient à poursuivre l'Etat qu'elle a fait condamner 18 fois ces dernières années, indique-t-il ».

(…) «Monsieur le procureur, la maison brûle et vous regardez ailleurs !» lance Me François Roux, l'avocat des barbouilleurs. Effacés en trois coups de torchon, les dégâts sont évalués au coût du nettoyage (294 euros) par l'afficheur lui-même. Selon l'avocat, ses clients ont mené une action de désobéissance civile de la plus pure espèce : transgression non violente de la loi, à visage découvert et dans l'intérêt collectif. Et de citer «le manifeste des 343 salopes» qui luttaient pour le droit à l'avortement, les objecteurs de conscience pendant la guerre d'Algérie ou, plus près de nous, les Enfants de Don Quichotte et le Réseau Education sans frontières. «Vous trouvez que nous galvaudons cette notion, monsieur le procureur ? Mais si vous habituez les gens à obéir, qui se lèvera quand ce sera nécessaire ? demande l'avocat. Je n'ai pas entendu dire que le corps des magistrats a répondu en masse à l'appel à la désobéissance du 18 juin 1940»…

Voir également :

Sur wikipedia : La désobéissance civile est le refus de se soumettre à une loi jugée inique par ceux qui la contestent. Le terme fut créé par Henry David Thoreau dans son essai la Désobéissance civile, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique.

En
Europe, même si le recours au concept de désobéissance civile a tardé à être formulé, l'idée de la résistance à une loi inique ou injuste a existé bien avant le XIXe siècle. C'est aux États-Unis que le concept de désobéissance civile fut pour la première fois formulé au XIXe siècle. Aujourd'hui, le concept s'est étendu à de nombreuses personnes notamment par les actions très médiatiques des altermondialistes ou celles des mouvements anti-pub, certains ne voyant dans ces actions que la dégradation de biens, d'autres y voyant un acte salutaire de désobéissance civile, visant à faire modifier la politique des autorités.

Vous pouvez télécharger l’essai de Henry David Thoreau publié en 1849 sur
forget-me.net : La Désobéissance Civile (en français) au format PDF (75 Ko) ; La Désobéissance Civile (en français) au format LaTeX (58 Ko).

Le site desobeissancecivile.org : La désobéissance civile est une forme d'action non-violente qui s'est développée au cours du XX° siècle à partir d'expériences de luttes socio-politiques telles que celles de Gandhi ou de Martin Luther King, et de l'œuvre de penseurs comme La Boëtie et Henry David Thoreau. De nombreuses expériences sur les six continents et en France, ont repris à leur compte cette stratégie.

Sur radicalparty.org : "DESOBEISSANCE CIVILE ET NON-VIOLENCE" - Mémoire de philosophie morale et politique, par Mathieu Vernerey (maîtrise de philosphie - Lyon3).

Sur non-violence-mp.org : De la désobéissance civile, par Jean-Marie Muller

Sur monde-solidaire.org : Désobéissance civile : qu’est-ce que c’est ? Comment la mettre en oeuvre ?