lundi 26 février 2007

L’unité du patrimoine n’existe plus.

C’est une révolution dans notre droit civil : la théorie de l’unité du patrimoine n’existe plus.

La publication au J.O. de la loi n° 2007-211 du 19 février 2007 instituant la fiducie consacre dans notre droit positif la notion de patrimoine d'affectation.

Cette loi rétablit un titre XIV intitulé : « de la fiducie » dans le livre III du Code civil, consacré aux « différentes manière dont on acquiert la propriété ».

L’origine de la fiducie remonte au droit romain. Elle est l'un des plus anciens contrats réels visant soit à la gestion d'un patrimoine (la « fiducie gestion »), soit à la garantie d'une créance (la « fiducie sûreté »).

Au Moyen-âge, elle est utilisée pour protéger ou transmettre le patrimoine de ceux qui partaient aux croisades.

Puis, elle disparaît avec le code civil, pour éviter un risque de fraude aux règles des successions.

Mais la fiducie est toujours couramment utilisée dans les pays de droit anglo-saxon (trust) et l'est aussi dans des pays de droit romano germanique comme l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg ou la province du Québec.

Nous étions donc l'un des rares pays européens à ne pas disposer de cet instrument. Un isolement qui pénalisait notre pays à l’heure de l’harmonisation européenne.

La définition de fiducie nous est donnée par un nouvel article 2011 du Code civil. C’est une opération par laquelle un ou plusieurs constituants transfèrent des biens, des droits ou des sûretés, ou un ensemble de biens, de droits ou de sûretés, présents ou futurs, à un ou plusieurs fiduciaires qui, les tenant séparés de leur patrimoine propre, agissent dans un but déterminé au profit d'un ou plusieurs bénéficiaires.

En respect du principe de liberté contractuelle, les parties auront toute latitude pour organiser leur relation fiduciaire, notamment la destination des biens et droits transférés.

Les biens remis en fiducie formeront donc un patrimoine autonome (un patrimoine d'affectation). Ils ne seront pas affectés par les procédures collectives qui pourraient être ouvertes à l’égard du constituant ou du fiduciaire.

La neutralité fiscale est garantie, en matière d'imposition des bénéfices et des plus-values comme de calcul des droits d'enregistrement ou de la TVA. S’agissant de l'impôt sur les bénéfices, les transferts d'actifs vers le patrimoine fiduciaire ou en provenance de ce patrimoine ne seront pas imposés, tandis que le résultat de la fiducie le sera au nom du ou des constituants.

La fonction de fiduciaire sera réservée à certains organismes financiers réglementés (établissements de crédit, entreprises d'investissement et compagnies d’assurance).

La publicité des fiducies, assurant un droit de communication élargi au profit des autorités de contrôle, fiscales et judiciaires, permettra également d'éviter que la fiducie ne devienne le vecteur d'activités frauduleuses.

La « fiducie libéralité », est exclue, de même que la possibilité pour les personnes physiques de devenir constituants. Ces limitations ayant pour but de protéger le droit des successions et celui des majeurs incapables.

Deux décrets sont en attente de publication : un décret relatif à un Registre national des fiducies et un relatif à la Déclaration d'existence de la fiducie par le fiduciaire.

A consulter :

J.O n° 44 du 21 février 2007 page 3052 est publié la loi n° 2007-211 du 19 février 2007 instituant la fiducie

Sur le site de l’Assemblée nationale, le dossier.

Sur le site du Sénat, le dossier.

(Voir également les n° 46, 125, 128 et 141).

lundi 19 février 2007

"Une cote mal taillée".

Unanimement considérés comme insuffisants au regard du rapport de la commission d'enquête chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans l'affaire dite d'Outreau, les trois projets de loi réformant la justice devraient être définitivement adoptés le 22 février.

Un léger retard sur la promesse du Garde des sceaux (« 2006 sera l’année de la réforme. Le Chef de l’Etat l’a annoncé, le Premier Ministre l’a confirmé. Je m’y engage aujourd’hui devant vous »)…

Que retenir du passage de ces projets de lois en commission mixte paritaire ?

La rédaction commune de ces lois par les deux chambres met fin à la discussion sur quatre points :

Dans trois ans l'instruction sera collégiale.

En matière correctionnelle, il n’y aura plus de référence au « trouble exceptionnel et persistant à l'ordre public » pour justifier le recours à la détention provisoire.

Constituera un « manquement aux devoirs de son état », la « violation grave et délibérée » par un magistrat d'une « règle de procédure constituant une garantie essentielle des droits des parties, commise dans le cadre d'une instance close par une décision de justice devenue définitive ». Il s’agit là d’une « cote mal taillée » selon le Président de la commission d'enquête parlementaire.

Enfin, le parcours d’une plainte du justiciable au Conseil supérieur de la magistrature devient fort complexe : ce dernier devra saisir le médiateur qui transmettra pour conseil la plainte à une commission, avant de la transférer au Garde des sceaux, lequel saisira l'inspection des services judiciaires, avant de saisir, le cas échéant, le CSM !

La Commission parlementaire avait formulé des propositions pour éviter le renouvellement du désastre d’Outreau. L’avenir nous dira si ces trois projets de lois atteindront l’objectif annoncé…

Nous continuons notre chronique.

Rappel :

Chapitre 1 - Chronique d’une réforme annoncée : n° 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 105, 106, 108 et 109,
Chapitre 2 - Et voilà le rapport final : n° 110, 111, 117, 119, 120 et 126,
Chapitre 3 - Première traduction législative : Les trois projets de lois relatifs à la justice : n° 127, 132, 133, 134, 135, 136, 139, 140 et 141.

Cette semaine :

Sur le site de l’Assemblée nationale, le projet de loi en navette modifié par le Sénat, tendant à renforcer l'équilibre de la procédure pénale,

Ainsi que le projet de loi organique, modifié, par le Sénat, relatif au recrutement, à la formation et à la responsabilité des magistrats.

Sur agoravox.fr : Pour une commission d’enquête sur l’apparence d’impartialité de la Justice française par Isabelle Debergue :

Outreau et le rapport de la commission d’enquête parlementaire, ainsi que les auditions effectuées par cette commission, avaient occupé une place importante dans les médias et dans les débats publics. Mais maintenant qu’il s’agirait de traduire dans des mesures concrètes les conséquences de ces débats et constatations, une discrétion générale règne. Peu de dépêches et de déclarations sur les deux lois en cours d’adoption (formation et responsabilité des magistrats, équilibre de la procédure pénale). La campagne présidentielle n’évoque guère la réforme de la Justice. Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur ces lois qui ont déjà déçu des acquittés d’Outreau et introduisent de surcroît des dispositions inattendues à l’insu de la grande majorité des citoyens. Mais un autre aspect essentiel apparaît de plus en plus clairement: la question fondamentale de l’apparence d’impartialité de la Justice est systématiquement ignorée. Insuffisamment abordé par la commission d’enquête sur Outreau, ce point central des déclarations et conventions sur les droits et libertés fondamentaux nécessiterait une enquête spécifique par une nouvelle commission…

Sur le site du nouvel Observateur : Adoption du projet de réforme de la procédure pénale

Après l'Assemblée nationale, le Sénat adopte le projet de réforme de la procédure pénale initié après les dérapages d'Outreau.

Le Sénat a adopté, jeudi 8 février dans la soirée, le projet de réforme de la procédure pénale. Le texte prévoit notamment d'enregistrer sur vidéo les gardes à vue. Ce projet représente, avec le texte sur la responsabilité des magistrats, la réponse du gouvernement au drame d'Outreau.

Le texte prévoit aussi de créer des "pôles de l'instruction" pour remédier à la solitude des magistrats. Les sénateurs ont largement amendé le texte, sans modifier son équilibre général.

Défendu par le ministre de la Justice Pascal Clément, le projet a recueilli les voix de l'UMP et de l'UDF. Le PS et le PCF ont voté contre.

Les députés ont adopté ce projet de loi le 20 décembre, après que le gouvernement en a déclaré l'"urgence".

Une commission mixte paritaire (CMP), composée de 14 députés et sénateurs, doit en proposer une rédaction commune aux deux chambres.

Sur le site du Monde : La réforme de la justice jugée insuffisante au regard de l'émotion suscitée par l'affaire d'Outreau, par Alain Salles

La notion de "trouble exceptionnel et persistant à l'ordre public" ne sera bientôt plus utilisée pour justifier le recours à la détention provisoire, en matière correctionnelle. L'amendement voté par les sénateurs, contre l'avis du gouvernement, a été maintenu, vendredi 16 février, par la commission mixte paritaire (CMP), réunissant 7 députés et 7 sénateurs…

Sur le site du Sénat :

Rapport de M. Jean-Jacques HYEST, fait au nom de la commission mixte paritaire, déposé le 20 février 2007 (PROJET DE LOI ORGANIQUE RELATIF AU RECRUTEMENT, À LA FORMATION ET À LA RESPONSABILITÉ DES MAGISTRATS)

Rapport de M. François ZOCCHETTO, fait au nom de la commission mixte paritaire, déposé le 20 février 2007 (PROJET DE LOI TENDANT À RENFORCER L'ÉQUILIBRE DE LA PROCÉDURE PÉNALE)

La discussion en séance publique au Sénat est prévue pour le 22 février 2007.

lundi 12 février 2007

Le commerce du faux.

Alors que le 26 janvier 2007 était célébré la journée internationale de la douane organisée autour du thème « Halte à la contrefaçon et à la piraterie », Le ministre délégué à l’Industrie vient de présenter au Conseil des ministres un projet de loi de lutte contre la contrefaçon.

En vérité, c’est avec près d’un an de retard que la France va transposer dans son droit interne la Directive 2004/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle (L’échéance de transposition était prévue pour le 29/04/2006)

Le texte européen a pour objectif d’assurer un niveau équivalent de protection des droits de propriété intellectuelle dans les Etats membres par l’harmonisation des moyens visant à les faire respecter.

Il est vrai que le commerce du faux est florissant. Il représenterait, selon le gouvernement, environ 10 % du commerce mondial (7 % selon l’Organisation mondiale des douanes), tous les produits ayant une valeur marchande étant concernés.

Au banc des accusés, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, pays dits « émergents » au début du XXIe siècle.

Le citoyen se sent révolté par ce commerce, non pour défendre des marques de luxe, mais en raison des faux médicaments qui causent souvent la mort, particulièrement des plus vulnérables.

Selon un Message du Secrétaire général de l’OMD, Michel Danet, Les chiffres qui illustrent la situation actuelle de l’industrie du faux parlent d’eux-mêmes : en 2004, 4000 cas débouchant sur la saisie de plus de 166 millions d’articles contrefaits et piratés ont été signalés; entre 1998 et 2004, le nombre d’articles contrefaits saisis par la douane en Europe a augmenté de 1000%; il est estimé que 10 à 30% des médicaments consommés dans les pays en voie de développement sont contrefaits ; le marché mondial des médicaments contrefaits devrait passer de 35 milliards de dollars US en 2005 à 75 milliards de dollars US en 2010; 43% des logiciels utilisés dans le monde sont piratés; plus de 2500 saisies de produits contrefaits liés à la coupe du monde de Football 2006 ont été réalisées; l’industrie de la contrefaçon supprime annuellement 200.000 emplois en Europe et 750.000 aux Etats-unis; et l’ensemble du commerce du faux s’élève à présent à 500 milliards de dollars US dans le monde ! Il est indispensable de faire de la lutte contre ce fléau une priorité, la contrefaçon ayant des répercussions négatives évidentes sur le commerce international, le développement économique, la confiance des milieux commerciaux, la santé et la sécurité des citoyens dans le monde entier.

Un fléau qui provoquerait la disparition d’environ 30 000 emplois par an en France, qui alimenterait les filières du travail clandestin et engendrerait des pertes de recettes pour l’État outre la menace pour la santé et la sécurité des consommateurs.

Pour l’heure, ce projet de loi comporte 39 articles destinés :

- Au renforcement des outils juridiques mis à disposition des acteurs économiques pour défendre leurs créations et leurs inventions (droits de propriété industrielle, droits de la propriété littéraire et artistique, appellations d’origine et les indications géographiques).

- A la création d’un droit d’information au profit des titulaires de droits de propriété intellectuelle permettant aux autorités judiciaires d’ordonner la communication d’informations sur l’origine et les réseaux de distribution des marchandises ou des services qui portent atteinte à un droit de propriété intellectuelle.

- Au renforcement de la protection des preuves de la contrefaçon et mise en place de mesures provisoires à l’encontre des contrefacteurs et des intermédiaires (saisie conservatoire des biens mobiliers et immobiliers, blocage de comptes bancaires).

- A la possibilité de retrait des circuits commerciaux et de destruction des produits contrefaits, ainsi que des matériels ayant servi à leur création ou leur conception.

- A la prise en considération par les tribunaux de tous les aspects du préjudice (manque à gagner, les bénéfices injustement réalisés, préjudice moral).

A consulter :

Sur vie-publique.fr : De quoi s'agit-il ?

Complétant les lois sur la propriété intellectuelle du 5 février 1994, du 18 mars 2003 et du 9 mars 2004, ce nouveau texte procède notamment à la transposition d’une directive européenne du 29 avril 2004.

Le champ d’application de ce texte s’étend à l’ensemble des droits de propriété industrielle, de la propriété littéraire et artistique, ainsi qu’aux appellations d’origine et indications géographiques. Les principales dispositions sont les suivantes :

Sur premier-ministre.gouv.fr : Le ministre délégué à l’Industrie a présenté un projet de loi de lutte contre la contrefaçon.

La protection de la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon sont des priorités de l’action du Gouvernement. La contrefaçon représente environ 10 % du commerce mondial. Tous les secteurs d’activité sont touchés par ce fléau qui provoque la disparition d’environ 30 000 emplois par an en France, alimente les filières du travail clandestin et engendre des pertes de recettes pour l’État. Enfin, elle représente une menace pour la santé et la sécurité des consommateurs.

Le projet de loi parachève l’effort de protection de la propriété intellectuelle engagé depuis la loi "Longuet" du 5 février 1994 et poursuivi par les lois du 18 mars 2003 et du 9 mars 2004. Il procède notamment à la transposition de la directive 2004/48/CE du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle…

Sur le site legifrance :

Le Projet de loi de lutte contre la contrefaçon.

Ainsi que l’
EXPOSÉ DES MOTIFS :

La protection de la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon constituent des priorités de l’action gouvernementale.

La protection de la propriété intellectuelle revêt une importance cruciale dans une économie moderne. En permettant à l’inventeur ou au créateur de contrôler l’exploitation de son invention ou de sa création et d’en tirer un profit légitime, elle encourage l’innovation et la création, contribue au maintien ou au développement de l’emploi dans les secteurs les plus variés de l’économie.

Dans le cadre communautaire, la directive 2004/48/CE du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle poursuit un même objectif, en harmonisant les procédures civiles ouvertes aux titulaires de droits de propriété intellectuelle pour faire respecter leurs droits et en améliorant la réparation du préjudice qu’ils subissent du fait de la contrefaçon. Elle n’affecte pas les mesures qui, dans les législations nationales, peuvent être plus favorables aux titulaires de droits de propriété intellectuelle.

Le présent projet de loi a pour but d’assurer la conformité des procédures prévues par le code de la propriété intellectuelle avec la directive…

Sur eur-lex.europa.eu : La directive 2004/48/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propriété intellectuelle (JO L 157 du 30.4.2004) (avec son rectificatif) - Journal officiel n° L 195 du 02/06/2004 p. 0016 - 0025

Nos amis belges transposent également cette directive. Voir sur
economie.fgov.be : Avant-projet de loi relative aux aspects civils de la protection des droits de propriété intellectuelle

Sur la lutte contre la contrefaçon an Canada, voir sur
ledevoir.com : Faux ! Par Éric Desrosiers :

Parfums, disques, jouets, médicaments, pièces d'auto: le marché de la contrefaçon est évalué entre 20 et 30 milliards par année au Canada.

Il y en a encore pour croire que le phénomène se limite aux mauvaises imitations d'articles de luxe ou de disques compacts que l'on trouve dans les marchés aux puces. La fabrication et la vente de biens contrefaits a cependant connu une croissance exponentielle ces dernières années dans le monde, au point de frapper, aujourd'hui, aussi bien les médicaments que les jouets ou les pièces d'automobile, et de rapporter, chaque année, au Canada, jusqu'à 30 milliards à ses auteurs, souvent issus du crime organisé…

lundi 5 février 2007

Un rêve devenu réalité.

Les juges de la Cour pénale internationale ont confirmé lundi 29 janvier les charges retenues contre un ancien chef de milice congolais, Thomas Lubanga Dyilo.

Ainsi a débuté le premier procès devant la première Cour pénale internationale permanente et à vocation universelle jugeant les crimes les plus graves : crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides.

L’histoire de cette Cour débute il y a cinquante ans lorsque l’Assemblée générale des Nations Unies demanda à une Commission du droit international d’étudier un projet de tribunal international permanent.

Ce caractère indépendant la différencie du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui sont des juridictions limitées dans le temps et l’espace, par leurs statuts.

Cette Cour a finalement été créée par le Statut de Rome, adopté le 17 juillet 1998 par la Conférence diplomatique de plénipotentiaires des Nations Unies sur la création d’une cour criminelle internationale et entré en vigueur le 1er juillet 2002.

Lors de cette conférence, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, déclarait : « Il ne peut y avoir de justice au niveau mondial à moins que les pires crimes - les crimes contre l’humanité- ne relèvent de la loi. A notre époque plus que jamais, nous reconnaissons que le crime de génocide commis contre un seul peuple constitue véritablement une attaque contre nous tous : un crime contre l’humanité. La création d’une cour criminelle, internationale garantira que la réaction de l’humanité soit rapide et qu’elle soit juste ».

Mais ce Statut de Rome ne lie que les 104 Etats actuellement parties (sur les 192 Etats membres de l’Organisation des Nations Unies).

Pour l’heure, l’ambition universelle initialement affichée n’est donc pas encore atteinte.

Mais si la marche vers une justice universelle promet d’être longue, ce premier pas vient de donner vie à une utopie : « Le rêve d'une Cour pénale internationale est devenu une réalité », a déclaré à l’issue de l’audience M. Bensouda, adjoint au procureur de la Cour.

Pour en savoir plus :

Sur le site de la Cour pénale internationale : La Chambre préliminaire I renvoie en jugement Thomas Lubanga Dyilo

La Chambre préliminaire a confirmé les trois charges portées par le Procureur à l’encontre de Thomas Lubanga Dyilo pour la période allant de septembre 2002 au 13 août 2003.

Sur ce même site :
A propos de la Cour : La Cour pénale internationale (CPI) est une cour indépendante permanente devant laquelle sont jugées les personnes accusées des crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale, à savoir les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. La CPI a été fondée en vertu d’un traité signé par 104 pays.

La CPI est saisie en dernier recours. Elle n’intervient pas lorsqu’une affaire fait l’objet d’une enquête ou de poursuites dans un système judiciaire national, sauf si ces procédures ne sont pas menées de bonne foi, par exemple si elles ont été engagées officiellement uniquement pour soustraire une personne à sa responsabilité pénale. En outre, la CPI ne juge que les personnes accusées des crimes les plus graves.

Dans toutes ses activités, la CPI respecte les normes les plus strictes d’impartialité et d’équité. La compétence et le fonctionnement de la CPI sont régis par le Statut de Rome.
(Téléchargez le Statut de Rome de la Cour pénale internationale sous format PDF).

Sur
wikipedia.org : La Cour pénale internationale (CPI) est la première cour pénale internationale permanente. Son siège se situe à La Haye, aux Pays-Bas.

La Cour a été créée par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, adopté à Rome le 17 juillet 1998 par la Conférence diplomatique de plénipotentiaires des Nations Unies.

Au 26 novembre 2006, 104 États ont ratifiés le Statut de Rome et acceptent l'autorité de la CPI.

Le but de la CPI est de promouvoir le droit international, et son mandat est de juger les individus et non les États (qui est du ressort de la Cour internationale de justice). Elle n'est compétente que pour les crimes les plus graves commis par des individus : génocides ; crimes de guerre ; crimes contre l'humanité.

Les crimes d'agression, lorsqu'ils auront été définis juridiquement pourraient également être du ressort de la CPI

La naissance d’une juridiction permanente universelle est un grand pas en avant vers l’universalité des Droits de l’Homme et le respect d'une règle de droit. Elle traduit la volonté de responsabiliser les responsables politiques. Elle tiendra ainsi un rôle à la fois préventif et dissuasif.

Les juridictions internationales mises en places jusqu'alors/ici étaient des tribunaux exceptionnels - dont la création étaient soumise à un processus politique - et non permanents.

Les réactions :

Sur le site du Monde : Première comparution de l'histoire de la CPI, par Stéphanie Maupas et Natalie Nougayrède

Premier prisonnier de la Cour pénale internationale (CPI), le chef d'une milice congolaise, Thomas Lubanga, a comparu, lundi 20 mars, devant ses juges, lors d'une audience de procédure qui a constitué, selon Fatou Bensouda, adjoint au procureur de la Cour, "un moment significatif" pour ce tribunal né d'un traité signé à Rome en 1998, entré en fonction à La Haye en 2002 et ayant pour mission de juger les crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. "Cela montre que le rêve d'une Cour pénale internationale est devenu une réalité, déclare M. Bensouda. Ceci est le premier cas, il y en aura d'autres."

La Cour pénale internationale va organiser son premier procès - L'Express - La Cour pénale internationale (CPI) estime qu'elle dispose de suffisamment de preuves pour juger un chef de milice congolais, ouvrant la voie au premier ...

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Thomas Lubanga Dyilo est renvoyé en jugement : le premier procès ... - FIDH (Communiqués de presse) - La FIDH, et ses ligues affiliées en République Démocratique du Congo (RDC) - l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), la Ligue des électeurs ..

Le sort de Thomas Lubanga sera fixé lundi prochain par le verdict ... - Digitalcongo.net - Fixation lundi prochain de la décision finale de la Cour Pénale internationale sur l’Affaire Procureur de la CPI contre le chef de guerre de l’Ituri Thomas ...